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I can’t believe the news today

I can’t close my eyes and make it go away…

How long? How long must we sing this song? How long? How long ????

‘ Cause tonight, we can be as ONE….Tonight’

J’emprunte ces tristes mots à U2 car ils décrivent si tristement ce Friday Bloody Friday …

127 morts, 185 blessés: C’est le macabre décompte de cette nuit de Vendredi 13. Je me réveille ce matin: non, ce n’est pas un cauchemar. C’est la triste réalité d’un monde qui sombre dans la barbarie.

Je ne pouvais pas laisser cet acte sous silence.

Passer du couvre-feu hier soir à l’état d’urgence ce matin… La démocratie est en deuil. Le dernier état d’urgence remonte à la guerre d’indépendance d’Algérie. C’était en 55.

Serions-nous en guerre? Oui…contre le terrorisme djihadiste. Leur acte insensé et démesuré est un « acte de guerre ». Car attaquer à la kalachnikoff, se faire sauter à la grenade ou avec une ceinture d’explosifs sont des actes de guerre qui se sont déportés sur le territoire national. Les frappes chirurgicales de ces terroristes et le professionnalisme des attaques menées font froid dans le dos.

Pourtant la soirée commençait bien avec une équipe de France de football en osmose avec son public et une victoire à la clé. Mais tout cela est désormais si dérisoire ce matin.

En suivant le match avec No et en entendant une première explosion, on a pensé à une bombe agricole. On s’est d’ailleurs demandé comment elle avait fait pour entrer dans l’enceinte du stade. Puis un deuxième bruit sourd. Mais le match se poursuit.

Et puis les alertes tombent. Nos téléphones vibrent. Mon mari m’apprend qu’il y a eu une fusillade avec 12 morts mais on ne mesure pas encore l’ampleur du drame. Il se passe peu de temps avant pour que l’on comprenne l’attaque terroriste.

Alors, je pense au 7 Janvier 2015. Forcément.

Mais je pense aussi à ma famille sur Paris. J’essaie de joindre mon frère mais son téléphone ne répond pas puis j’appelle ma mère qui me confirme ce que je ne voulais pas entendre. En tant que secouriste il est sur place. Mon corps réagit plus vite que mon cerveau: je tremble.

La télécommande à la main, le portable dans l’autre et le PC sur les genoux, j’essaie de calmer l’angoisse qui monte en cherchant le maximum d’infos et en suivant les fils d’actualités de ci de là.

Je ne retiens qu’une chose, la ville Lumière, Paris, ma ville, est éteinte dans son cœur car elle a été frappée durement ce Vendredi soir. Ce même 11ème arrondissement encore sous le choc du drame de Charlie Hebdo.


Plusieurs sentiment s’entremêlent: la douleur, forcément. Parce que je pense aux victimes. L’incompréhension demeure mais j’essaie de faire taire cette colère froide qui m’assaillit. La douleur est présente et je suis encore émue.

Mais surtout j’ai peur. Peur car dans moins de trois semaines, il y a les élections régionales et si j’avais un peu d’espoir,  celui-ci s’est éteint avec les attaques terroristes d’hier.

J’ai peur que les gens fassent des amalgames, trop de raccourcis : il suffit de lire les « commentaires » sous les différents articles du drame sur Internet: ça fait froid dans le dos de penser que des gens en France aient de telles idées!) et les terroristes leur donnent malheureusement raison. J’ai peur que notre France se retrouve divisée alors qu’elle se doit d’être unie contre le terrorisme. Pas de divisions confessionnelles: nous devons être UN.

Mais je sais aussi que je ne dois pas céder à la peur car ce serait donner du crédit à ces barbares. Nous devons être forts. F.O.R.T.S.

Car ce matin, j’entends mes enfants jouer en bas tandis que je suis les chaînes d’actualité continue. J’entends leurs rires et je me demande comment leur en parler. Comment mettre des mots sur ces actes qui laissent sans voix leurs parents? Parce que j’ai envie qu’ils continuent à garder cette innocence et continuent à croire qu’au delà de ces actions monstrueuses, le monde reste beau et que seule une minorité des hommes sur cette planète ne mérite pas le qualificatif d’hommes.

Il faut continuer à vivre. A dire à ceux qu’on aime qu’on les aime. A sortir. A rire. A lire. A écouter de la musique. Bref, à faire tout ce que ces terroristes veulent empêcher. Ils ont attaqué une manifestation sportive ( 80 000 personnes), un concert (1 500 personnes), un quartier festif et populaire. Ils voulaient tuer. A l’aveugle.

J’ai envie de croire que nous allons nous relever de ce drame. — encore —

Mais pour le moment, je suis abasourdie.