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Hiverophobie : Nom féminin. Désigne l’état d’une personne qui n’aime pas l’hiver.

Voilà donc un mot bien barbare pour définir le mal dont je souffre depuis trois mois. Trois longs mois où mon apathie me désole. L’envie de rien m’a gagné aussi vite que l’automne s’est terminé. Cet état me désespère. Dehors, le temps est laid. Le temps est gris. Le temps est froid. Les journées sont courtes et les soirées sont longues. On se lève le matin, il fait noir. On rentre du bureau : il fait noir. Et entre les deux : ben… on a passé une journée à broyer du noir (surtout quand l’intérêt du boulot est si infime qu’il laisse place à une trop grande réflexion : mais ça, c’est un autre débat !). Alors, autant se l’avouer, ce n’est pas la panacée ! Pourtant, l’hiver en Bretagne est plus clément que partout ailleurs car il ne neige pas et, à aujourd’hui, les températures les plus basses n’ont pas dépassé le -1°C. J’entends la question : « Pourquoi se plaindre, alors ? » Ben parce qu’il pleut. Et que tout autour se fond et se confond dans un camaïeu de gris.

Je n’ai rien inventé mais Charles Baudelaire l’affirme bien mieux que moi :

« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits […]
 » extrait de « Le spleen de Paris »

Alors, quand on ajoute à cela le climat ambiant post-Charlie, j’avoue ne rien avoir envie de faire.

Et chez moi, les symptômes sont graves, Docteur !

Car ma MAC est en panne sèche de tissu à piquer (ce ne sont pourtant pas les idées qui manquent ! au contraire) ; mes aiguilles et mes crochets manquent de laine pour se réchauffer ; mes fourneaux ne brûlent plus de 1000 feux; mes livres se meurent de froid…Mine de rien, mes crayons font grise mine, tandis que mes pinceaux hérissent leurs poils face à tant de passivité.

En résumé, ma créativité est en berne.

Alors je végète…

C’est l’hiver. Et rien ne sort. Je ne suis pourtant pas en hibernation mais je devrais l’être.

J’ai hâte retrouver la lumière d’un beau ciel bleu sans nuages et la chaleur du soleil d’un magnifique printemps.

En attendant, je courbe l’échine sous les frimas de l’hiver et j’avance, souhaitant ardemment, que le temps se réchauffe tout en réchauffant nos cœurs car, ne dit-on pas qu’« après la pluie vient (forcément) le beau temps ».