Rendez-vous avec un livre #17: _Le liseur_ de Bernard Schlink & Verdict

Le synopsis:
 » À quinze ans, Michael fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l’un de leurs rites consiste à ce qu’il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible , elle disparaît du jour au lendemain.
Sept ans plus tard, Michael assiste, dans le cadre de ses études de Droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michael comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.
Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui dont il dit: »Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j’aurais moins bien su camoufler que les autres? »

Mon avis:

242 pages d’ une histoire que je juge inégale.
La première partie met l’histoire dans son contexte mais au bout de quelques dizaine de pages, les atermoiements de cet adolescent de 15 ans qui vit les prémisses de sa initiation amoureuse sont plates et dénuées de profondeur.

La deuxième partie qui voit s’ouvrir le procès d’Hanna est intéressante en cela qu’elle pousse au questionnement. Questionnement sur la culpabilité, les motivations de l’accusée pour avoir agi pour les faits qui lui sont reprochés. Questionnement sur le sentiment de honte, cette même honte que nous avaient aussi confié mes correspondants allemands un jour où nous en parlions ouvertement, après la visite du camp de concentration du Struthof. L’un d’entre eux, Thomas, m’avait expliqué qu’il existait en Allemagne un fort sentiment de culpabilité vis-à-vis de l’histoire de la Seconde guerre mondiale. Pourtant, il n’avait que quinze comme moi, mais ce sentiment semblait le toucher alors que deux générations avaient vu le jour après ces événements qui marquent encore l’histoire aujourd’hui.

Cette partie est intéressante car l’on devine avec l’auteur derrière ce procès tout ce qui a fait l’interrogation de beaucoup de personnes pendant le procès de Nuremberg:  » ces gens agissaient-ils par conviction? Pour l’honneur du PArti? Par sens du devoir? Par haine?
Cette deuxième partie exprime l’ambivalence de décider de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Comme le personnage principal de l’histoire, je me suis intéressée très tôt à l’histoire de la Seconde guerre mondiale, à l’histoire des camps de concentration et tout comme Michael Berg, je me suis rendue au camp du Struthof (p. 169) en Alsace, avec ma classe d’Allemand. J’avais 15 ans, je crois. Et j’avais soif de tout connaître de cette période que j’apprenais en cours.
En lisant, je me suis alors rappelée d’y être allée avec des copains allemands avec la classe desquels nous correspondions depuis la 4ème. Une fois, sur place, je ne pouvais dire si j’étais transie davantage par la lourdeur du symbole que représentait le lieu que par le froid pénétrant de cette visite automnale. Je me souviens avoir pensé au fait que je me plaignais du froid alors que je m’étais habillée en conséquence; ce qui n’avait pas été le cas de toutes ces personnes qui avaient séjourné malgré eux dans ces baraquements rustiques, dépourvus du moindre confort.

La troisième partie est une vaine tentative de réconciliation du personnage principal avec lui-même. Peut-on se pardonner d’avoir aimé une criminelle? Peut-il lui pardonner d’avoir été une criminelle? D’avoir tu ses secrets et d’avoir disparu de sa vie sans un mot?
Toutes ces interrogations, sommes toutes pertinentes vu le contexte, alourdissent un peu plus l’histoire car elles sont sans fin. De mon point de vue, Michael Berg est un heureux pessimiste.

Finalement, qu’ai-je aimé du livre?
Le lire. Car j’adore les romans historiques ou ceux qui ont en trame l’Histoire.
Puis j’en ai aimé la place faite à la femme, à l’égal de l’homme dans ce que l’humain peut commettre de plus barbare. En effet, en tant que gardienne de camp, Hanna s’est rendue coupable de la barbarie nazie au même titre que ses homologues masculins.
Très peu d’ouvrages donnent libre part à l’histoire des femmes SS et plus particulièrement leur rôle dans les camps est très peu racontée.
J’ai aimé aussi me rappeler de ma propre histoire qui m’a fait marcher dans les pas du narrateur car nous avons tous deux foulé la terre du Struthof. Et, certaines de ses interrogations ont aussi été les miennes.
Enfin, J’ai aimé ce livre car il traite, indirectement, d’une période que j’essaie de découvrir davantage dans mes lectures, encore aujourd’hui.

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