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Je passe par tous les sentiments…par toutes les émotions.

Quand son mari Arnaud m’a annoncé Vendredi soir qu’elle était partie, quelque chose en moi s’est passé. Je ne saurais exactement mettre des mots sur ce changement mais je sais que la douleur enfouie quelque part a resurgi. Je suis en colère de ne pas lui avoir témoigné plus souvent mon amitié et de ne pas avoir fait vivre davantage notre amitié longue distance…je suis triste de l’avoir perdue car je sais que plus jamais je n’entendrai son rire…plus jamais nous n’échangerons sur notre passion dévorante pour les livres et par-dessus tout sur notre auteur commun: Ken Follett que je lui avais fait découvrir. Moi, elle m’a fait lire Carlos Ruis Zafon. Jamais plus je n’entendrai sa joie de vivre communicative et serai « fière » de son immense courage face à la maladie.

Avions-nous des points de divergence? je n’en suis pas certaine car Stéphanie était d’une telle humilité, d’une telle gentillesse et tellement sincère qu’il était difficile de ne pas trouver ses mots, justes et ses réflexions, sensées.

Je n’ai pas souhaité aller à son enterrement dans un premier temps (la perte de mon petit frère il y a 23ans m’ayant laissé une peur panique des cimetières et une relation compliquée avec tout ce qui est relatif à la mort) mais je ne pouvais pas me résigner à ne pas l’accompagner, une dernière fois..

Lorsque nous sommes arrivés à St Léonard de Croissy, j’ai une cette réflexion insensée de me dire que « si le nombre de fleurs entourant son cercueil et le nombre de personnes présentes à l’église pour ce dernier adieu avaient pu être décisifs dans une résurrection immédiate, Stéphanie serait des nôtres aujourd’hui ». (Oui, j’ai essayé de me réconforter comme je pouvais...) Elle était aimée et c’est ce qui est ressorti des différents témoignages de ses neveu et nièce, de ses amies, de sa meilleure amie. Stéphanie était une belle personne et le vide qu’elle crée depuis son décès est grand. J’ai participé à cette communion, j’ai béni son cercueil et dans un dernier élan, j’ai touché celui-ci en guise d’adieu… à mon amie. J’ai pleuré. Je n’ai pas cessé de pleurer et encore aujourd’hui, je pleure de l’avoir perdue.

Je me suis aussi sentie totalement anachronique à cet évènement, me demandant si j’étais légitime à la pleurer au même titre que ses parents, que son mari, que son fils, que sa soeur, que ses cousines?  De qui tenais-je cette légitimité? Comment me l’étais-je appropriée? Ben… je pense que cette légitimité m’est venue d’elle, tout simplement, car lorsque nous lui avions demandé d’être la marraine de Tanou, il y a 8ans et demi, elle avait accepté sans ciller, en étant heureuse que nous lui demandions de faire partie de notre famille. Car oui, elle faisait partie de notre famille et en tant qu’amie d’enfance et meilleure amie de No, la boucle pour nous était bouclée. Tout cela était naturel.

Elle était de notre famille et c’est à ce titre que ma douleur est si grande. En écrivant ces mots, je ne peux m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. Mais je me retiens. Je sais que son souvenir est bien présent et je ferai en sorte de le préserver comme tel. Je l’ai, comme tous ceux qui l’aimaient, accompagné à sa dernière demeure (comme on dit communément): ce n’est pas ce dernier souvenir dont j’aurai voulu me rappeler mais… « life goes on »

Tous ces mots pourront vous paraitre bateau car ce sont les sentiments que l’on éprouve forcément lorsque l’on perd une personne si chère à nos yeux. Je me suis demandée si je devais me dévoiler autant sur mon blog. La réponse est qu’elle mérite cet hommage et c’est ma façon à moi de lui dire à quel point je l’aimais car lui ai-je jamais dit que je l’aimais… parce que je l’aimais vraiment, cette fille. J’essaie depuis de me souvenir de nos entrevues (trop rares), de nos coups de fils (tout aussi rares) mais qu’il était bon de discuter avec elle.
Comme l’a rappelé la meilleure amie de Steph’ pendant son témoignage « N’oubliez pas de dire je t’aime à ceux que vous aimez….sans attendre ».
Steph, je l’aimais et… je ne le lui ai jamais dit. Même si dans nos gestes et dans nos conversations, cela transpirait, ces 3 mots (dans mes souvenirs) ne sont jamais sortis. Mais nous étions sincères l’une envers l’autre et il n’était pas sans doute pas utile de les prononcer. Nous le savions. C’est tout.

Je regrette cependant de ne pas avoir été plus présente. Maintenant il est trop tard! Aujourd’hui j’ai une énorme boule…car mon amie n’est plus là.

Alors…

N’oubliez pas de dire « je t’aime » à ceux qui vous entourent quand vous le pouvez encore. Avant qu’il ne soit trop tard.

Point TOTALEMENT anecdotique: Steph est partie le Mercredi 25 Juin 2014, soit 5ans jour pour jour après le décès de Michael J. Aimant les deux, il fallait que je le mentionne ❤

Deux chansons pour me rappeler de ce qu’elle représentait pour moi:

Zazie, que nous aimions toutes les deux et au concert de laquelle nous sommes allées au Zénith de Paris (pas le concert dont est extrait cet extrait):

Jean-Jacques Goldman, que j’adore et qui a le mot juste pour définir ce que je ressens et ce que j’aurai voulu lui dire: