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Je souhaite rendre grâce à cette nouvelle insomnie qui m’a permis de redécouvrir ce film qui, sans prétention, fait partie de mes cultissimes et indétronables coups de cœur. Ce sont ces rares moments de zapping intelligents qui me font dire que finalement, je paie la redevance pour voir ça! (même ce n’était pas sur FranceTelevisions!)

Car, c’est encore une chaîne du câble qui a pris le parti de ne pas rediffuser une énième télé réalité ou un film à 2francs-6 sous.

Mais?
Qu’est-ce que « the Virgin suicides » ?

Il s’agit du premier film de Sofia Ford Coppola, fille de…qui n’est pas allée chercher trop loin pour faire produire son scénario puisque c’est l’un des plus grands maîtres du 7eme art américain – et accessoirement son père- Francis Ford Coppola qui en a été le producteur.

Petit aparté: À bon entendeur! Si vous voulez bien réussir , ayez du talent certes mais surtout, soyez bien entourés!  »

Cela fait pas moins de 4 fois que je vois ce film et je ne m’empêche jamais de le regarder à nouveau.
L’innocence de l’enfance, la complexité des moeurs américaines, cette société si remplie de paradoxes, à la fois pudique et déjantée.

Ce film plonge dans l’Amérique des année 70, puritaine mais glissant lentement vers l’ère psychédélique de cette fin de décennie.
Il décrit avec justesse la difficulté des relations humaines entre une poignée de voisins habitant des villas cossues, dans les faubourgs d’une quelconque banlieue américaine…et qui préfèrent s’épier plutôt que de communiquer ensemble il vaut mieux parler du voisin que parler avec lui.
Bienvenue à Wisteria Lane !!!!

Le film traite aussi de cette jeunesse américaine à la dérive, en manque évident de repères. Premiers émois d’adolescents incompris.
Ce film met parfaitement en relief la naissance des sentiments chez ces jeunes adolescent(e)s et tous les bouleversements que peut provoquer cet apprentissage de l’amour et l’absence d’amour parental à leur égard, car père et mère, parents psychorigides sont à mille lieues de ces chamboulements affectifs puisqu’eux-mêmes n’ont pas été élevés autrement que dans la rigueur des années 50.

« the Virgin suicides » raconte l’histoire d’une famille américaine middle-class parmi tant d’autres, dans les années soixante-dix.

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Les parents Lisbon ont 5 jeunes et jolies têtes blondes qui font tourner celles de toute la gente masculine du collège dans lequel elles sont scolarisées.
Ces jeunes filles sont bridées par leur mère, au foyer, qui pense que tout à l’extérieur est un danger potentiel pour ses filles. Le père, professeur de Mathématiques dans le même collège, est dépassé par l’adolescence de ses 5 jeunes femmes mais surtout complètement soumis à sa femme.
C’est Mme Lisbon tient les rênes de la maison et rien ne doit dépasser sous peine de sanction immédiate. Elle est l’empêcheuse de tourner en rond. Ses filles sont privées d’air. Elles n’ont pas d’amies. Ne sortent pas. En dehors de l’école, elles sont consignées aux tâches d’une jeune fille de bonne éducation: tricot, point de croix, lecture… Et quand Mme Lisbon impose le choix du programme Tv: c’est la vie animale dans la savane africaine pour tout le monde.

Cette chronique de la vie familiale est savamment mise en scène car elle est décrite. La voix off raconte l’histoire de cette famille tel le passage d’un avion dans le ciel.
Cette voix off, c’est le voisin next door qui avec ses copains rêve secrètement des sœurs Lisbon. Il raconte la vie des filles à travers le récit de ceux et celles qui les ont réellement approchés car elles etaient une énigme, avec le lot de fantasmes que cela peut engendrer.

Ces tranches de vie vues de l’extérieur nous font pénétrer dans l’intimité des 5 sœurs Lisbon, cloîtrées dans leur chambre et qui, une à une, vont sombrer. On ne s’en aperçoit que trop tard. Et, lorsque la cadette se suicide, elle est la première, la suite du film montre la lente descente des soeurs Lisbon vers leur fin irrémédiable et que l’on sait inéluctable. Sans pathos. Tout est induit. Elles gardent toutes un sourire angéliques. Jusqu’à la fin.

Ce film est tout en subtilité, là où certains y verraient de la mièvrerie…accompagné d’une bande son signé Air qui amplifie toute la finesse et la sensibilité du scénario.

Bref. Un petit bijou livré dans son écrin.

Bande originale du film « Virgin suicide », AIR: « Playground love »

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